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Conseil des ministres- 17 septembre 2008


La Polynésie française est éloignée de toutes les raffineries et autres lieux de vente des produits pétroliers. L’étroitesse de son marché, ses exigences quant aux caractéristiques physico-chimiques des produits qu’elle importe augmentent les risques de pénuries de ces produits en Polynésie française.

Cette question de disponibilité des produits est corrélée à celle des prix des hydrocarbures. La flambée des cours de ces derniers mois, qui nous a contraint à augmenter les prix des carburants et de l’électricité en juillet dernier, a renforcé notre besoin d’une réflexion sur notre dépendance à l’égard des produits pétroliers et la nécessité de nous libérer de ce risque.

Le ministère de l’aménagement, des relations avec les communes, en charge de l’énergie et des mines a ainsi organisé un séminaire sur le thème de l’énergie du 27 au 29 août dans les locaux de la Présidence.

Ce séminaire a traité de l’ensemble de la question énergie et un postulat a été posé d’emblée, obtenir que l’origine de nos consommations d’énergie soit à 50 % renouvelable d’ici 2020.

La problématique de l’électricité a été longuement abordée, ainsi que celles des carburants En effet, l’ensemble de nos consommations énergétiques (plus de 40 %) sont destinés aux transports et la même proportion à l’électricité.

Notre production électrique renouvelable (essentiellement l’hydroélectricité de Marama Nui) et la valorisation que l’on fait des chauffe eau solaires et de la climatisation par l’eau froide des profondeurs font qu’en 2007 nous atteignions un taux de consommation énergétique d’origine renouvelable de l’ordre de 12 %, score tout à fait honorable que nous devons cependant améliorer.

Pour y parvenir, il semble toutefois nécessaire d’encourager la maîtrise des dépenses d’énergie.

Ce volet « maîtrise de nos dépenses d’énergie » est capital. Sa mise en œuvre se fera à travers des rencontres avec les populations, des mesures qui sont à prendre et par l’exemple que le gouvernement et l’administration ont à donner.

En effet la croissance de nos consommations d’énergie et notamment d’énergie électrique est telle que si nous ne parvenons pas à la freiner, l’objectif que nous nous sommes fixés, compte tenu des coûts d’investissement des énergies renouvelables et donc des prix de revient de ces KWH, ne serait pas atteint.

Ainsi la problématique posée par les schémas directeurs de Tahiti et des îles a fait ressortir que la croissance moyenne des consommations électriques sur les 7 dernières années a été de 4 % à Tahiti et 8 % dans les îles.

L’hypothèse retenue a été une croissance de 1,4% à Tahiti en moyenne annuelle, le double pour les îles. Avec ces données, compte tenu des coûts actuels, c’est 130 milliards d’investissements à réaliser à Tahiti et dans les îles pour obtenir les installations « énergies renouvelables » correspondants à l’objectif posé en postulat.

Il est donc capital de choisir pour chaque île, ou type d’îles, un panel d’énergies renouvelables permettant de diversifier les choix en tenant compte au mieux de l’intérêt général et du coût économique de ces diverses énergies.

Les prix de revient comparés des KWH en fonction de la source de production sont approximativement à Tahiti (compte tenu des avantages fiscaux et des dispositifs de soutien déjà existants) de :

- 12 à 14 F/KWH pour le traitement des déchets avec co-génération d’électricité,

- 14 à 16 F/KWH pour l’hydroélectricité,

- 25 F/KWH pour l’éolien,

- 36 F/KWH pour les panneaux solaires directement reliés au réseau.

Ces données sont à comparer au prix de revient du KWH thermique qui sans soutien du FRPH et selon les cours du mois de juillet 2008 est de l’ordre de 21 F du KWH.

Dans les îles les prix de revient du KWH thermique sont beaucoup plus élevés (en gros inversement proportionnel à la taille de l’île). Il est donc très important de consentir un effort particulier pour les îles.

Enfin il y a lieu de favoriser les énergies renouvelables qui garantissent la puissance, c’est à dire celles sur lesquelles on peut compter à tout moment, quelque soit les conditions climatiques.

Parmi ces énergies renouvelables figure l’énergie thermique des mers (ETM).

Deux entreprises se sont manifestées sur des projets et des techniques quelque peu différents. Une entreprise sino-tahitienne envisage une production offshore à partir d’une centrale de 5 MW, une entreprise américano-tahitienne a choisi une production à partir d’une centrale, à terre, de 20 MW.

Les deux projets seront soutenus. L’intérêt de l’ETM est que la différence de température constatée entre l’eau des profondeurs (900 mètres) et l’eau de surface de l’océan n’est pas remise en question pour les siècles à venir.

Un autre type d’énergie renouvelable est à prendre en compte : la géothermie, pour laquelle le financement d’études a été programmé.

Le séminaire a également consacré la réflexion aux carburants. Une première présentation a été faite sur les véhicules et de deux roues électriques ainsi qu’à un moment de rêve avec un projet de transport en commun lagonnaire entre Punauuia et Arue par navettes maritimes électriques.

La seconde présentation qui a suivi était relative à la nécessité de développer des stations itinérantes (ou mobiles) dans les îles qui sont dépourvues de stations services, de par le décalage avec ce qui venait d’être présenté en matière d’énergies renouvelables, n’a pas suscité les intérêts. Pourtant les conditions de stockages de ces fûts de matières inflammables, les fûts vides que l’on retrouve partout doivent nous inciter très rapidement à trouver des solutions pour la sécurité des populations et des transports inter insulaires, même s’il s’agit de solutions provisoires.

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