Vous êtes ici : Portail du gouvernement > Aménagement > Espace presse > Questions Orales > Réponse du ministre à la question orale du 29 juillet 2008
Vous avez eu la gentillesse de me poser une question simple et ma réponse le sera tout autant.
Avant de répondre à vos interrogations, j’aimerais véritablement qu’un jour vous preniez le temps de nous expliquer ce que vous entendez par « une approche ma’ohi » des dossiers ?
Vous voulez peut être parler de l’approche que vous avez adoptée lors de l’achat du Rock-land hôtel ?
A moins qu’il ne s’agisse là plutôt d’une « approche Maori » des dossiers ?
Ou alors, essayez vous de nous dire qu’utiliser une pelle, une pioche et une brouette à la place d’une suceuse chirurgicale soit une meilleure approche des choses ?
Puisque vous me permettez de donner mon point de vue, je souhaiterais apporter certaines précisions, sur les propos de Monsieur Teina Maraeura qui à mon sens, ont été volontairement tronqués et arrangés par certains esprits mal intentionnés ou mal informés, notamment quand vous dites, « qu’il crût bon d’ajouter un mensonge : même Oscar Temaru est d’accord ».
En effet, ce n’est pas tout à fait ce que monsieur Temaru a dit. Voici ce qu’il a précisément dit à Avatoru lors de la dernière campagne des territoriales, en ma présence et celle de Monsieur Vito MAAMAATUA : « Ia tiama to tatou fenua, feruri atu ai ».
N’est-ce pas monsieur le président de l’Assemblée de Polynésie française ? C’est peut-être cela que nos deux rapporteurs appellent « une approche Maohi » de ce dossier, n’est-ce pas ?
Pour nous, la meilleure approche c’est de donner la parole au peuple !
C’est la voix de l’ensemble de la population de Mataiva qui doit s’exprimer avant tout et non pas seulement celle des opposants au projet !
Je suis personnellement concerné par ce dossier et à plus d’un titre, d’abord en tant que ministre paumotu chargé des mines mais aussi en tant que propriétaire terrien de Mataiva par mes ancêtres comme vous même monsieur Vito MAAMAATUAIAHUTAPU et vous aussi monsieur Georges HANDERSON.
En tant que Paumotu-mihiroa originaire de Mataiva, je suis opposé au forage de cet atoll.
Mais en tant que père et grand-père, mon cœur, je l’avoue, est partagé.
Faut-il préserver Mataiva tel que nos ancêtres nous l’ont légué et continuer ainsi à voir nos enfants quitter progressivement cet atoll vers d’autres horizons afin de trouver du travail ?
Faut-il forer Mataiva et donner ainsi du travail à ceux qui ne trouvent pas d’emplois sur place et qui vivent à Tahiti dans des conditions précaires.
Faut-il oui ou non favoriser le retour de cette population exilée ?
Je vous ferais l’économie de la parabole biblique des 10 talents d’or, mais vous comprendrez que nous devons faire un choix quant à l’attitude à adopter face au don que Dieu nous a offert.
Doit on faire fructifier ce don, ou le garder jalousement ?
Je vais vous donner un chiffre parlant. (Moins un)
Mataiva c’est un conseiller municipal en moins, suite au dernier recensement effectué en 2007 qui a révélé une nette diminution de la population de l’atoll.
Mataiva, c’est aussi une classe primaire en moins après la fermeture fermeture de celle-ci car il y a à ce jour moins de 20 enfants inscrits en primaire.
Mataiva se meurt peu à peu sous nos yeux et au rythme où vont les choses, ses habitants auront quitté ses rivages, avant que la montée des océans ne la fasse disparaître sous nos yeux, comme on nous le prédit.
Mataiva souffre, à l’instar des nombreuses îles de Polynésie, de l’exode de ses jeunes vers Papeete et nous devons stopper cette hémorragie.
Il est facile pour certains élus à l’Assemblée de la Polynésie française, ainsi que pour certains animateurs d’émissions culturelles télévisuelles et pour moi-même de dire : « NON ! On ne creusera pas à Mataiva » !.
Mais que dois-je dire à tous ces jeunes qui frappent à la porte de mon ministère ou qui m’écrivent pour me demander un emploi ?
Que dois-je répondre à tous ces parents qui m’interpellent pour me dire : « Mais qu’envisagez vous pour nos enfants au lieu de pérorer sur vos indemnités de représentants à l’Assemblée ».
Pour les Polynésiens, la priorité n’est pas d’inscrire coûte que coûte la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser mais d’offrir du travail aux jeunes qui sortent chaque année du système éducatif.
Nous voulons avancer prudemment sur ce dossier et nous sommes conscients qu’il faille préserver au mieux notre environnement.
Nous ne souhaitons pas que Mataiva ressemble dans le futur à Makatea.
Nous ne sommes qu’au début des discussions, il y a eu des propositions comme il y a eu des contre-propositions. Il y a eu et il y aura encore des rencontres avec la population, le conseil municipal et les membres du gouvernement.
A ce jour, la société GETAX a besoin d’autres informations et doit dans les jours prochains déposer une demande de permis d’études et de recherches.
Les véritables négociations, qui prendront en compte les demandes de la population de Mataiva vont commencer, et si elles sont positives, celles-ci devraient aboutir dans 2 ou 3 ans à une demande de permis d’exploitation.
Mais à ce jour aucun accord n’a été signé par la commune et encore moins par notre gouvernement.
Nous voulons prendre le temps d’écouter ce que la population a à dire sur ce projet qui la concerne directement.
Nous voulons qu’elle nous parle de ses espoirs et de ses craintes de voir un tel projet se réaliser !
Aucune décision ne sera prise sans son assentiment contrairement à ce que vous insinuer !
Cependant, messieurs les rapporteurs, qu’en sera-t-il, si demain cette population était favorable à l’exploitation des phosphates de son atoll ?
Qu’en sera-t-il si elle décidait d’être l’acteur principal de son développement et de devenir maître de son destin ? Est-ce vous et la population de Tahiti qui allez vous opposer à cette exploitation ?
Quant à vos affirmations erronées sur une mort annoncée de Mataiva par la seule faute de monsieur Teina Maraeura, cela montre une chose que nous savions déjà :
L’ignorance et la méconnaissance des uns et des autres de l’âme Paumotu et du véritable message que monsieur Teina Mareaura a voulu faire passer !
Je vous remercie de votre attention.
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